Durant la campagne présidentielle, un projet nous tenait particulièrement à cœur.

 

Organiser un débat, entre des jeunes de la ville et, chacun des 3 candidats majeurs à l’élection présidentielle, chez nous à Colombes.

 

Un projet fou, voir impossible, mais notre détermination était telle que, nous voulions allez au bout de toutes les possibilités de les organiser car, nous étions fortement convaincus que de telles rencontres seraient positives et enrichissantes pour tous.

 

 

Ce projet, pourquoi ?

 

  • Parce que, nous nous intéressons à la politique, au sens noble de ce terme. A savoir, servir, à organiser la société, et non, organiser pour, se servir, dans la société.

 

  • Parce que la politique, régit notre société et notre quotidien. Il est donc important de s’y intéresser et d’y participer. Nous ne faisons donc que, nous mêler de nos affaires.

 

Ce projet dans quels buts ?

 

  • Dans un but avant tout, pédagogique et éducatif, à destination des jeunes de la ville et en particulier, de toutes celles et tous ceux qui allaient voter pour la première fois ainsi que de tous les néophytes afin de contribuer à leur apporter une éducation civique (avec nos modestes connaissances et moyens) et leur permettre de développer leur propre conscience politique.

 

  • Nous avions ressenti, un fort intérêt pour l’élection présidentielle, de la part de tous, et une forte envie de mieux comprendre la politique et de s’y intéresser de plus près. Nous voulions donc, que les jeunes de colombes vivent une campagne présidentielle de l’intérieur, qu’ils en soient acteurs et non plus que simple spectateur et pourquoi pas, faire naitre des vocations et aussi amener les gens en général et les jeunes en particulier à s'impliquer dans la vie de leur quartier, de leur ville et dans la société en, s’engageant dans le milieu associatif voir, dans un parti politique ou de façon plus libre.

 

  • Pouvoir débattre avec les candidats à l’élection présidentielle afin de, pouvoir directement,  proposer nos propres solutions aux problèmes qui gangrènent les quartiers et les banlieues et poser, nos questions.

 

Nicolas Sarkozy pouvait être intéressé par ce débat. Pour lui, c’était le moyen de tordre le cou à cette rumeur reprise dans quelques médias et qui circulait dans toute la France, à savoir que, Nicolas SARKOZY ne pouvait plus se rendre en Banlieue Parisienne et n’y était plus le bienvenue, suite aux polémiques crée par, ses mots, « Racailles et Karcher ». Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une rumeur, c’est, un constat.

 

Un de nos autres arguments était aussi que, les français, ne comprendraient pas qu’un candidat à l’élection présidentielle, voir le futur président de la République, ne puisse se rendre dans tous les coins de France. Cela fait tâche.

 

Pour nous, c’était aussi l’occasion de lui dire que, ses mots, avaient blessés. Et que, ces mots, qui ont blessés, quoi que l’on veuilles dire ou penser, ne devaient pas sortir de la bouche d’un haut responsable politique. Nous voulions lors de ce débat, aboutir à un mea-culpa, voir des excuses ou une demande de pardon, d’avoir pu blesser, des millions de… Français. Un mea-culpa, des excuses ou une demande de pardon pour le mal que l’on a fait, n’est pas un signe de faiblesse, bien au contraire, un mea-culpa, des excuses ou une demande de pardon, pour le mal que l’on a fait est, un signe de sagesse.

 

Après ces éventuelles excuses pour avoir blessé des gens (on avait le droit de rêver quand même), nous voulions par la suite engager des discussions avec des amis (vrais animateurs et éducateurs) résidant à l’AZUP d’Argenteuil pour mettre sur pied une rencontre, entre les jeunes et les habitants de la dalle d’Argenteuil et Nicolas Sarkozy afin, d’apaiser les tensions et partir sur de nouvelles bases, plus saines.

 

Nous étions partis sur l’idée que, si nous réussissions à faire venir Nicolas Sarkozy à Colombes, Ségolène Royal et François Bayrou, ne pouvaient pas, ne pas y venir aussi.

 

Nous sommes donc allés, déposer directement au QG de campagne des candidats, nos demandes de rendez-vous.

 

Ne connaissant personne à l’UMP, nous avons décidé d’adresser notre demande de rendez-vous à Rachida Dati, à l’époque, porte parole du candidat Nicolas Sarkozy et qui est, comme certains des membres de notre collectif, française d’origine maghrébine, peut être y serait elle sensible.

 

Ne connaissant personne au PS, nous avons adressé notre demande de rendez-vous, à  Sophie Bouchet, une femme que nous connaissions pour, avoir aidé à la mise en place de projets dans une association (Droit De Cité), dissoute au début des années 2000, dont elle était une des dirigeantes et après avoir été surpris d’apprendre à la télévision, qu’elle était devenue, la plume, de Ségolène Royal durant la campagne présidentielle. Se souviendrait elle de nous ???

 

Ne connaissant personne à l’UDF, nous avions décidés d’adresser directement notre demande de rendez-vous à François Bayrou ou de s’adresser à l’accueil pour remettre notre courrier à un responsable.

 

Par soucis d’optimiser notre déplacement et tout faire dans la journée, nous avons réfléchi au parcours le plus rapide. Nous avons donc été au QG de campagne de l’UMP puis au siège du PS. L’accueil qui nous a été fait au QG de campagne de l’UMP et, le manque de considération au siège du PS, ont vite refroidit nos ardeurs. Nous nous sommes dis que, à l’UDF, ce serait la même chose et donc,  pas la peine de perdre son temps et se déplacer pour ce résultat. Nous avons décidés de rentrer, chez nous, en banlieue, là où nous sommes bien, de les contacter par téléphone et d’envoyer notre demande de rendez-vous par mail.

 

Après avoir exposé notre projet à notre interlocuteur au téléphone, un certain Monsieur Martin, celui-ci, nous a dis d’envoyer notre projet par mail à Christelle Carcone. Par mail, elle nous a informé l’avoir bien reçu et transmis au cabinet de François Bayrou. Aujourd’hui, on comprend mieux le sens de « cabinet » de François Bayrou.

 

N’ayant pas de nouvelles de l’UMP et du PS, une semaine après. Nous sommes retournés donc déposer, non plus un courrier pour une demande de rendez-vous mais un projet concret de débat.

 

Nous en avons déposé un, à l’attention de Rachida Dati à l’accueil de l’UMP et un autre, non plus au siège du PS mais au QG de campagne de Ségolène Royal toujours à l’attention de Sophie Bouchet.

 

En entrant, nous avions été surpris de croiser, un jeune homme qui lui aussi faisait parti de l’association Droit De Cité, Kamel Chibli. Nous apprenions, par lui, qu’il travaillait auprès de Ségolène Royal et qu’un taxi l’attendait pour se rendre à un rendez-vous, mais il a pris le soin de nous laisser son numéro de téléphone pour le recontacter et lui exposer notre projet.

 

Nous l’avons rappelé le lendemain. Il nous a expliqué que, Ségolène Royal s’étant déjà rendu dans plusieurs quartiers de France, notre projet avait peu de chance de se concrétiser.

 

Quelques jours plus tard, nous avons été joints par téléphone par le secrétariat de Rachida Dati, qui voulait en savoir un peu plus sur notre projet. Quelques jours plus tard encore, nous avons été joint de nouveau cette fois, par une autre femme, Aziza Bahloul, une proche collaboratrice de Rachida Dati. Un rendez-vous au QG de l’UMP a été fixé afin de présenter notre projet.

 

Nous sommes arrivés un peu avant l’heure du rendez-vous fixé à 18H, nous avons patientés à l’accueil. Ne voyant pas arrivé la collaboratrice de Rachida Dati, nous l’avons joint par téléphone. Nous apprenons qu’elle avait eu une journée chargée qu’elle était sur la route. A 18h30, nous sommes partis car pour nous, la ponctualité, est preuve de respect, de sérieux et aussi d’intérêt. Nous n’étions pas non plus, prêt à accepter tout et n’importe quoi, contrairement à, quelques opportunistes ou profiteurs, qui auraient bien patientés jusqu’à la nuit s’il fallait.

(http://www.dailymotion.com/relevance/search/BBR+argenteuil/video/x1c9ls_sarkozy-a-argenteuil_politics ).

 

Nous avons été recontacté le lendemain par Aziza Bahloul, pour un nouveau rendez-vous.

 

 

Entrée QG de campagne de Nicolas Sarkozy – 18 Rue d’Enghien Paris 10ème.

 

 

La collaboratrice de Rachida Dati était à l’heure, nous, un peu avant. Nous avons pu exposer notre projet. A savoir, que nous voulions organiser un débat avec les 3 candidats majeurs à l’élection présidentielle, que nous voulions les recevoir individuellement, que nous voulions les organiser et les préparer avec les équipes de campagne et non pas, se voir proposer un débat « clé en main » ficelé par l’équipe de campagne. Notre projet était clair, nous voulions juste débattre et débattre, bien.

 

Nous garantissions, l’accueil, la sécurité et le respect dû à tout candidat ainsi qu’à toute personne. Connus et reconnus sur la ville, nous pouvions, après avoir présenté notre projet dans toutes les cités de la ville, fédérer tous les jeunes des quartiers de Colombes autour de ce projet.

 

Nous voulions que ce débat se déroule en 4 étapes, comme celui que nous souhaitons aujourd’hui pour colombes, et que, une dizaine de jeunes de chaque quartier de la ville y participent et plus particulièrement, des adolescents, des jeunes adultes, des nouveaux inscrits et des néophytes, cela dans un but pédagogique.

 

Malheureusement, au lieu de notre projet, à l’initiative de jeunes et d’adultes de quartiers quand même, Nicolas Sarkozy, a préféré se rendre à un débat à Meaux, qui donne la forte impression (légitime après avoir vu les images) d’avoir été, ficelé par l’UMP, chapoté par Rachida Dati, préparé avec la complaisance d’une association hôte (voir la langue de bois de l’interviewé de 17H50 sur la vidéo) et organisé sur les terres de l’opportuniste Jean François Copé (pour s’assurer d’une bonne place au prochain gouvernement en cas de victoire ?).

 

Nous pouvons aussi, douter du sérieux de ce débat, quand nous y voyons le nombre d’enfants d’une dizaine d’années présents et le vif intérêt que porte à ce débat, le candidat, qui ne prend pas le temps de s’asseoir et même peut être, pressé de partir dirait on.

 

Trop souvent, en politique, à trop vouloir réaliser « un bon film », on se retrouve avec un résultat inverse au but recherché. Trop de, maquillage, tue le maquillage !!!

 

Nous avons ressenti ce, non-événement, comme, un simple passage, un simple passage avant, un meeting bien plus important le soir même dans la même ville.

 

Nous avons ressenti ce, non-événement, comme, une simple envie et surtout un besoin fort de communication. A savoir, Nicolas Sarkozy, a été en banlieue parisienne.

 

C’est dommage, parce que, un bon et vrai débat, n’empêche pas, une bonne communication.

 

Vidéo du débat à la cité Beauval de Meaux.

http://www.latelelibre.fr/index.php/2007/04/nicolas-sarkozy-une-heure-a-la-cite-beauval/

 

A lire l’article 4 de cette page. http://johnpaullepers.blogs.com/john_paul_lepers_leblog/2007/04/index.html

 

Quelques jours avant les résultats du 1er tour, nous avions laissé un message sur le téléphone portable d’Aziz Senni (conseiller «Banlieue» auprès de François Bayrou) dont le numéro nous avait été refilé par un ami, et dans lequel nous demandions un rendez-vous pour présenter notre projet. Pas de nouvelles.

 

Au lendemain des résultats, du premier tour, nous avons relancé les deux candidats qualifiés.

 

Nous avons décidés de déposer des projets, à l’UMP, directement, à l’attention de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant (directeur de campagne), François Fillon (plus proche conseiller) et Rachida Dati. Nous voulions faire savoir que, la banlieue nécessitait et méritait, un vrai et grand débat entre les deux tours.

 

Au PS, nous avons adressé un projet, directement, à l’attention de, Ségolène Royal, François Rebsamen et Jean louis Bianco (co-directeurs de campagne) ainsi qu’à Sophie Bouchet et Kamel Chibli. Nous en avions aussi remis un à Najat Belkacem (porte parole de Ségolène Royal), lors de sa participation à un débat à Colombes.

 

Nous avons recontacté, Kamel Chibli, qui nous a reçu au QG de campagne de Ségolène Royal, durant environ 30 minutes, sans succès pour notre projet hélas. Il nous a reçu, surement parce qu’il nous connaissait un peu c’est sur, mais il nous a quand même reçu et écouté, merci à lui. Un café, nous a même été offert !!!

 

 

Accueil QG de campagne de Ségolène Royal – 282 Boulevard Saint Germain Paris 7ème.

 

Nous avons été reçu par Aziza Bahloul, 15 minutes environ, sans avoir, aucune nouvelle, par la suite.

 

Quant aux autres, à tous les autres, par ordre alphabétique, Aziz Senni, Claude Guéant,  François Fillon,  François Rebsamen, Jean louis Bianco,  Najat Belkacem, Nicolas Sarkozy, Rachida Dati, Ségolène Royal et Sophie Bouchet, pas un coup de fil, même nous beeper rappelait, pas une lettre non plus, ont pouvait rembourser les timbres sur demande, pas même un mail, pourtant gratuit !!!

 

Pour autant, nous ne sommes pas surpris par ce manque d’attention et de savoir vivre, nous y sommes même rôdés.


En tout cas, ce ne sera pas faute d'avoir essayé et d'être allez au bout de nos possibilités pour concrétiser ce projet de débat. Le résultat de toutes ces démarches n'est pas totalement négatif, en effet, cela a été une belle expérience et surtout, nous avons beaucoup appris de toutes ces personnalités politiques contactés, leur indifférence et leur manque de considération à l'égard à notre égard et donc de la population que nous composons.


Ils doivent donc, arrêter de se plaindre de l'image que les gens se font d'eux, en général, parce que, cette image négative que les gens se font d'eux en général, ce sont eux même qui la donne et encore pire, la renforce.

 

Depuis ces rocambolesques mais néanmoins amusantes aventures. Ségolène Royal et le PS ont été battus au second tour de l’élection présidentielle et, Nicolas Sarkozy est devenu Président de la République Française.

 

Pour nous, l’un et l’autre, n’ont proposé, de vrai, débat de fond sur les banlieues. L’un et l’autre, n’ont participé à un vrai débat, où il en ressort quelque chose de positif et décisif, et surtout, de fort et marquant.

 

La preuve, qu’avez-vous retenu et qu’est il ressorti, des différents débats sur les banlieues, lors de l’élection présidentielle, de positif et décisif, et surtout, de fort et marquant ???

 

Nous pensons que, beaucoup, pense comme nous, RIEN !!!

 

Mardi 19 décembre 2006
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